
[Lien vers RSF : cliquer sur l'image]
La flamme n'a pas cessée d'être perturbée et c'est une bonne chose. On pourra reservir autant que possible l'argument qu'il ne faut pas mélanger la politique et les jeux, cela ne sera
jamais un argument valable devant la souffrance des peuples tibétain et chinois. On ne va pas faire du sport dans un pays qui viole les droits humains ! Ce que beaucoup ne comprennent pas, c'est
que le sport est justement le bon moyen pour les politiques de faire taire la colère du peuple, pour la canaliser vers les tribunes des grands stades où toutes les familiarités, le nationalisme
et l'agressivité de l'humain peuvent s'exprimer sans gêner le pouvoir. "
Pane et circensem" (du pain et des jeux) disaient les romains. C'est un adage qui a toujours autant de force dans
le monde libéral d'aujourd'hui. Et cela justifie tout !
La Chine est connue pour son mépris des droits élémentaires. Le gouvernement chinois mélange aujourd'hui les anciens préceptes communistes avec un capitalisme sauvage et ferme les yeux et les
oreilles face aux contestations. Quand elle ne torture pas impunément les membres du Falun Gong, une secte puissante et pacifiste qui descend régulièrement dans la rue pour se faire entendre,
elle réduit au silence les dissidents en les envoyant au Lao Gai, des camps de rééducation par le travail (goulags). De nombreuses révoltent secouent régulièrement les campagnes, mais elles sont
réprimées aussi durement que tout ce qui pourrait ternir l'image du pouvoir central. Le web est contrôlé, muselé, tout comme la presse et les médias. Sur les moteurs de recherche, on ne trouve
pas d'informations concernant le massacre de la place Tienanmen en 1989 : le Parti Communiste écrit l'histoire de la Chine comme Staline écrivait celle de la Russie en son temps, en supprimant
les événements gênants. Et quand certains dissidents s'expriment, ils sont très vite arrêtés, notamment avec l'aide des moteurs de recherche : Google ou Yahoo ! n'hésitent pas à communiquer les
infos personnelles des cyberdissidents aux autorités chinoises. Sur ce sujet, lire cet article récent qui pointe les contradictions des firmes du web :
C'est sans parler des droits des travailleurs, de l'exploitation du peuple dans les usines de fabrication industrielle pour l'occident. C'est aussi sans parler des projets de constructions
pharaoniques comme le barage des Trois Gorges, éléphants blancs qui exigent l'expropriation de milliers de familles, la destruction de régions entières et de leurs écosystèmes...
Et il y a le Tibet...
La Chine communiste a mis les pieds aux Tibet en 1950, prétextant la lutte pour la démocratie et contre le féodalisme, écrasant de ses bottes un peuple millénaire et ses croyances, mettant à
genoux ses moines, bafouant les libertés au prix du sang. Nous avons les récits, nous avons les images, nous avons les rapports accablants des associations pour les droits de l'homme, nous avons
ce qu'il faut pour contrer la propagande chinoise qui prétend qu'on est tous aveuglés par les mensonges de nos médias officiels. La vérité triomphe toujours de la propagande...
Le débat est vif en Europe : faut-il ou non boycotter les jeux ? Alors qu'on parle du boycott, on ne parle pas de ce qu'il se passe en Chine véritablement, alors qu'il faudrait en profiter pour
montrer les images de ce que la Chine cache à son peuple. Comme lors des jeux de Moscou, le boycott se justifie, parce que les JO sont devenus un événement politique, un source de profits
inconsidérables pour les Etats, dont ne bénéficiera pas le peuple chinois. Les JO, c'est l'opération de marketing des gouvernements, c'est l'occasion de redorer le blason du nationalisme,
d'exacerber le patriotisme du peuple. Alors oui, boycotter les jeux c'est une bonne façon de dire à la Chine que son hégémonie méprisante des droits humains ne mérite pas qu'on la laisse
organiser les Jeux Olympiques. Il faut cesser de courtiser les dictatures !
La Chine censure les libertés, censurons la Chine !
Commentaires Récents