Il a dit 26 000 ! C'est le nombre de reconduites à la frontière -
autrement dit "expulsions" d'étrangers - prévues pour l'année 2008. Le ministre albinos n'a pas froid aux yeux et semble
y croire.
En 2007 il devait en renvoyer 25 000 et il n'en a expulsé "que" 24 000. Autant dire que la Sarkozie a grondé, que tous les xénophobes de la majorité présidentielle ont
fait le dos rond : 25 000 c'était un minimum, Moloch en exigeait davantage !
En démocratie, Moloch c'est la population, l'audimat, "l'opinion" comme on dit, cette masse informe qui change tous les jours d'avis et semble imperturbablement vouloir voter pour les plus cons.
Et l'opinion justement, elle n'aime pas qu'on "
vole son pain", elle n'aime globalement pas trop ceux qui viennent d'ailleurs, convaincue que les étrangers vont lui sucer le sang. Le
mythe des vampires fait encore des émules ! L'étranger est vu comme un barbare avide, un vandale prêt à détruire une seconde fois Rome.
Quand l'européen dit "on ne peut pas accueillir
toute la misère du monde", il faut traduire par "on n'est pas responsables (de la guerre, de la famine, des pénuries, de la misère...)". L'opinion est donc une masse
irresponsable qui vote... et qui vote de fait pour les menteurs les plus convainquants, les populistes !
Les populistes, ce sont ces hommes en costards qui promettent des grands coups de balais, des croisades contre l'injustice, des lendemains chantants, et qui une fois au pouvoir font tout pour
cacher les vraies statistiques qui montrent leur incompétence.
La politique est l'art de dissimuler les échecs, de canaliser le mécontentement des masses. Alors le mensonge -
certains modérés disent la "langue de bois" - devient une technique de gouvernement.
En 2007 il avait dit 25 000 reconduites à la frontière. Il ne les a jamais tenues. Et mieux encore, les 24 000 qu'il a réussies, il a omis (oups !) de nous les détailler. On n'appelle pas ça un
mensonge, juste une dissimulation (la langue de bois) : l'art de "ne pas dire" au lieu de "dire faux". Alors puisque la sincérité manque aux politiciens, à nous de dire la vérité !
Vous connaissez Mayotte ?
L'île de Mayotte, petit Territoire d'Outre-mer (on dit maintenant Collectivité d'Outre-mer) situé à 8000 km de Paris dans le canal de Mozambique dans l'océan indien, à proximité de Madagascar,
fait partie de l'archipel des Comorres. Elle est habitée par des Mahorais majoritairement musulmans et
administrée par les autorités françaises. Commun jusqu'en 1974, date du
referendum d'autodétermination qui divisa l'archipel en deux, le destin des habitants de l'archipel suit deux voix différentes depuis que Mayotte est la seule île a être restée sous
administration française. De ce fait,
"inégalités de développement, croissance démographique galopante, fracture sociétale et instabilité politique des Comorres engendrent un
déplacement massif de Comoriens vers Mayotte".
En conséquence, ce sont des milliers de comoriens qui tentent de passer à Mayotte dans des conditions souvent dramatiques.
On décompte à ce jour plus de 4500 morts sur les 70 km qui
séparent Mayotte d'Anjouan. Le nombre de migrants à Mayotte est estimé quant à lui à 55 000 sur une population de 160 265, généralement employés au noir, en quasi esclavage, et largement
discriminés et harcelés par les autorités de l'île. Les rafles, arrestations ou l'enfermement dans le centre de rétention de Dzaouazi ponctuent souvent le parcourt des naufragés... sans compter
les expulsions !
Et nous y voila ! Reprenons le chiffre de monsieur le ministre et mettons en lumière ce qui n'a pas été suffisament éclairé :
SUR LES 24 000 EXPULSIONS DE 2007, 16 147 ONT ETE EFFECTUEES
DE MAYOTTE VERS LES COMORRES !!
24 000 - 16 147 = 7853 pour la métropole
Pour conforter l'opinion, la Sarkozie fait du chiffre là où les regards ne portent pas (et je ne parle même pas des communautés rom) et se permet donc de harceler en permanence les 200 000
sans-papiers du territoire à titre totalement gratuit. Les convocations à n'en plus finir, les refus systématiques ou les années d'attente pour obtenir des papiers, les contrôles au faciès,
les détentions en centre de rétention, les arrestations groupées et ciblées au domicile ou devant l'école des enfants, les discours méprisants et les discriminations qu'ils engendrent, les
récentes défenestrations... tout ça pour du vent, pour mettre l'opinion xénophobe au service de leur maintient au pouvoir. Et pendant ce temps là, dans la colonie de Mayotte, on foule du pied
les droits humains...
Allez, quand même une bonne nouvelle : le dictateur déchu d'Anjouan, Mohamed Bacar, renversé par les forces de l'Union Africaine le 25 mars dernier et réfugié en France, a reçu comme les
autres comoriens, une Obligation de Quitter le Territoire Français. Comme quoi, la France ne laisse rien passer !
« Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n'ai rien dit,
Je n'étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n'ai rien dit,
Je n'étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n'ai pas protesté,
Je n'étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n'ai pas protesté,
Je n'étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait personne pour protester. »
Commentaires Récents