Adock
Nous ne sommes déjà pas capables d'accueillir comme il se doit les citoyens européens venus de Roumanie, les considérant comme des européens de seconde zone, alors comment pourrions-nous
réussir à créer une Europe qui soit réellement ouverte ? L'Europe que nous avons créée est une bulle opaque et impénatrable, un microcosme individualiste au sein duquel chacun apprend à haïr
l'autre pour être plus concurrenciel ou compétitif...
Le paradoxe incontestable de cette Europe-forteresse que nous sommes en train de construire, c'est qu'il faudra sans doute tirer un trait sur notre idéal de liberté et construire un mur tout
autour de nous pour mettre réellement un terme à l'immigration. Nous sommes donc en train, et l'agence Frontex n'est qu'un prémice à ce rideau de fer qui s'érigera bientôt, de nous assiéger
nous-même à l'intérieur de notre territoire. Ce que les pragmatiques politiciens négligent dans leur pensée statistique, c'est que la richesse de notre continent n'est dûe qu'aux
intarissables flux migratoires qui durant des siècles et des siècles ont créé notre prospérité. Nos ressources, notre force de main d'oeuvre, nos arts, sont arrivés avec les "barbares", les
"envahisseurs", les "métèques" et autres migrants que notre continent a accueilli ou réduit en esclavage depuis des millénaires. Si nous fermons les vannes, nous étoufferons à l'intérieur de
notre ghetto protectionniste et finirons par recracher vers l'extérieur ces millions de citoyens du monde que nous avions su intégrer dans notre société occidentale. Ils fuiront vers leurs
pays d'origine, éccoeurés et affamés par notre individualisme crasse. Que ferons-nous, pauvre peuple aryen et tristement blanc, lorsque toutes les couleurs se seront effacées de l'Europe pour
nous laisser agoniser dans notre obscurantisme ? Il n'y a pas de superiorité occidentale, il n'y a pas d'eldorado européen, car tout ce qui a fait notre gloire est anéanti peu à peu par
l'impact néfaste de nos politiques (anti)migratoires.
Et ce n'est pas en choisissant nos immigrés sur le volet d'après leurs diplômes et nos besoins, ce n'est pas en achetant nos matières premières avec des centrales nucléaires, ce n'est pas en
nous imposant par la force des roquettes, que nous maintiendrons notre puissance. Notre puissance ne peut subsister que si elle se met au service de la puissance des autres. Continuons à
ignorer nos voisins, à leur imposer des tests ADN, des visas aéroportuaires, des prises d'empreintes digitales, à prononcer chez eux des discours paternalistes et colonialistes, et le monde
se retournera bientôt contre nous.
Toutes les forteresses tombent sous les coups de l'injustice qu'elle renferment !
Triste scénario que celui de l'Europe libérale...
Commentaires Récents