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"L'humanité est devenue assez étrangère à elle-même pour réussir à vivre sa propre destruction comme une jouissance esthétique de premier ordre", Walter Benjamin dans "Essais"
Mercredi 2 janvier 2008
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Après avoir vécu quelques temps auprès des migrants clandestins échoués à Calais dans leur périple pour atteindre l'Angleterre, j'avais décidé de livrer un récit de ce que j'y ai vu et entendu, de ce qu'il s'y passe chaque jour, de l'oppression quotidienne que vivent ces apatrides, ces indésirables que l'Europe se jette d'un Etat à l'autre et qui ont pour seul tort d'avoir quitté un pays sans espoir d'avenir...


11a623819f9f328d880baba2a0302bfe.jpgUn grand merci à Alain Guillo et sa maison d'édition Les Points sur les i pour avoir permi la publication de mon livre sur les migrants de Calais.

<< POUR LE COMMANDER, CLIQUEZ SUR L'IMAGE

Et la très bonne nouvelle, c'est qu'il sera préfacé par le Directeur Général de France Terre d'Asile, Pierre Henry.

Il paraîtra le 15 janvier 2008.


Ses références :

148 X 210
170 pages avec un feuillet central de photos
15 euros


"Il y a cinq ans fermait Sangatte et depuis presque rien n'a changé. Ces cinq ans, ce furent cinq ans d'humiliation et de traque, cinq ans de peine, cinq ans de violation des droits humains. Les autorités détournent toujours la tête, les habitants appelent toujours les migrants "kosovars", tandis que la police perpétue encore et toujours ses incessantes rafles du matin au soir. Les bénévoles eux, sont fatigués, mais continuent ce qu'ils estiment être juste : soutenir, aider, lutter, agir pour les migrants. A midi les exilés de Calais se bousculent autour de la cabina où les associations ont du mal à fournir suffisament de repas pour tous. Le sixième hiver approche et près de 300 migrants s'aprêtent à dormir ce soir dans les bois de la zone des Dunes et les parcs de la ville. J'y suis allé, j'ai vécu trois semaines avec eux le jour comme la nuit, et depuis les migrants de Calais sont devenus une partie de moi. Je ne peux plus envisager de voir passer un mois sans aller là haut regarder ce qu'il s'y passe. Ce récit, c'est eux, c'est moi, c'est une insulte à notre bonne conscience."

A mon éphémère ami Safiullah...


 
par Crixus Nada publié dans : Communiqués, lettres, récits...
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