Mercredi 14 novembre 2007
Parce que l'espace européen se transforme peu à peu en "Lebensraum" et qu'il faut mettre au plus vite un hola sur la création de camps de concentration sur l'ensemble de notre continent, je vous
invite à prendre connaissance de ces appels qui, même s'ils paraissent dérisoire, ont l'avantage de nous permettre d'exprimer notre désaccord :
Appel aux parlementaires européens
Le 29 novembre, un projet de directive sur la rétention et l'expulsion des personnes étrangères sera soumis au Parlement européen.
Depuis 1990, la politique européenne conduite par les gouvernements en matière d'immigration et d'asile s'est traduite par une réduction continue des garanties et des protections
fondamentales des personnes. L'Europe se transforme en une forteresse cadenassée et met en oeuvre des moyens démesurés pour empêcher l'accès à son territoire et expulser les
sans-papiers.
Le projet de directive, s'il était adopté, constituerait une nouvelle régression.
En prévoyant une rétention pouvant atteindre 18 mois pour des personnes dont le seul délit est de vouloir vivre en Europe, il porte en lui une logique inhumaine : la généralisation d'une
politique d'enfermement des personnes étrangères qui pourrait ainsi devenir le mode normal de gestion des populations migrantes.
En instaurant une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées, ce projet de directive stigmatise les sans-papiers et les transforme en délinquants à
exclure.
Le projet de directive qui sera présenté au Parlement est le premier dans ce domaine qui fasse l'objet d'une procédure de co-décision avec le Conseil des ministres. Le Parlement a donc enfin
la possibilité de mettre un terme à cette politique régressive qui va à l'encontre des valeurs humanistes qui sont à la base du projet européen et qui lui donnent sens.
Les parlementaires européens ont aujourd'hui une responsabilité historique : réagir pour ne pas laisser retomber l'Europe dans les heures sombres de la ségrégation entre nationaux et
indésirables par la systématisation des camps et de l'éloignement forcé.
Nous appelons les parlementaires européens à prendre leurs responsabilités et à rejeter ce projet.
PETITION :
L'immigration est actuellement l'une des principales questions à l'ordre du jour de l'Union européenne. Le Parlement européen va bientôt commencer à débattre d'une
proposition de directive relative "aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des
ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier".
Cette proposition de directive vise tous les ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier dans l'un des États membres, sans prendre en considération les raisons de
leur situation irrégulière. Il ressort clairement du contenu de la proposition que la Commission opte pour une démarche répressive s'agissant de la politique en relation avec le "phénomène
migratoire", en mettant l'accent sur "la lutte contre l'immigration clandestine".
La proposition comporte nombre de points critiquables. Nous souhaiterions en particulier attirer l'attention sur l'institutionnalisation de la rétention administrative
dans des centres temporaire de rétention. Sur la base de cette législation, la durée d'une telle rétention pourrait être portée à un maximum de six mois.
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Dans les centres de rétention des migrants, les conditions sont comparables à celles qui existent dans les prisons, quand elles ne sont pas pires. A la suite de visites
effectuées dans des centres de rétention, des ONG, des organisations internationales, des délégations parlementaires et des journalistes ont dénoncé le caractère inique et inhumain et l'état
de dégradation de ces centres, où les droits de l'homme et les libertés fondamentales sont souvent violés et les migrants sont victimes de violences.
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La rétention administrative est juridiquement absurde et instaure des sanctions pénales (détention) pour des délits administratifs, comme l'entrée irrégulière sur le
territoire national ou la simple expiration des visas et permis de séjour. Dès lors que la durée de "la rétention administrative temporaire" peut être portée à six mois, il n'est pas juste de
continuer à la qualifier de "temporaire". Cet instrument ne permet pas de contenir l'immigration clandestine et se révèle tout aussi inefficace s'agissant de l'identification des
migrants.
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Les centres de rétention sont souvent des structures gérées de façon trouble, et les organisations des droits de l'homme et des migrants s'en voient fréquemment refuser
l'accès. La directive propose que les visites soient soumises à l'autorisation des États membres.
Dans les vingt-cinq États membres, il existe 174 centres de rétention, et d'autres ont été
construits dans des pays candidats ou des pays voisins.
Dans la perspective du débat parlementaire qui commencera dans quelques mois, nous souhaiterions mener de concert avec les organisations actives dans ce
domaine une campagne européenne pour réclamer la fermeture de tous les centres de rétention de migrants en Europe.
Les signatures rassemblées sur ce site web seront communiquées aux gouvernements de l'UE et à la Commission européenne en vue de montrer que les individus et la société civile envoient un
signal fort exigeant la fermeture des centres temporaires de détention dans l'ensemble de l'Europe.
par Crixus Nada
publié dans :
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