Le 9 septembre, huit jeunes israëliens juifs néo nazis ont été arrêtés à Tel Aviv pour agressions racistes et incitation à la haine raciale. Admirateurs d'Adolf Hitler et
tatoués de slogans vantant la race blanche supérieure, ils symbolisent le paradoxe de la société israëlienne : on peut tout a fait être juif et nazi (cf. articles
AFP,
Cyberpresse et
Figaro du 11 septembre) ! C'est un point qu'il serait utile d'analyser d'avantage afin que l'Etat d'Israël apprenne à ne plus se considérer
seulement comme victime de l'idéologie fasciste, mais également comme porteuse de cette idéologie .
Je suis allé à Calais cette semaine pour assister au vernissage de l'exposition photo de François Legeait, photographe indépendant mais talentueux, qui est allé en Palestine pour nous rapporter
une série de clichés illustrant ce qu'il refuse d'appeler un "conflit", à travers des visages d'enfants (l'exposition a été intitulée Palestine -141 en référence aux nombre d'enfants tués au
cours de l'année 2006 dans les territoires palestiniens). Si l'on ne peut parler d'un conflit, c'est parce que la notion même de conflit suppose la confrontation de deux forces armées sur un
terrain où la supériorité de l'un ou l'autre camp n'est pas visible
a priori. Or en Palestine, on est en présence d'une seule force armée, à la pointe de la technologie militaire
moderne, qui occupe un peuple sans Etat, donc sans armée. L'insoumission de ce peuple, qui se traduit par une résistance aveugle mais efficace, est utilisée par l'Etat d'Israël pour se considérer
comme la victime d'une agression : considérant qu'il est de son droit d'occuper cette partie du globe, la rebellion du peuple palestinien est présentée comme une agression illégitime et justifie
le traitement inique que les israëliens lui font subir. On peut tout a fait faire un parallèle avec la guerre de Tchétchénie... Et comme en Tchétchénie la violence desespérée des insoumis qui se
traduit par des actions de terreur et des attentats-suicides, aussi injustes que compréhensibles, rencontre la violence implacable du colonialisme moderne. Oui, car comment considérer la
politique israëlienne autrement que comme une forme de colonialisme ? S'il est à regretter que ça fasse polémique, il faut pourtant le dire : le sionisme d'Etat que pratique Israël n'a rien à
envier à la théorie du
Lebensraum développée par les idéologues du nazisme. L'Etat d'Israël veut gagner de la place autour de lui pour pouvoir y installer son peuple élu. On n'est pas si
loin de l'idée d'une race supérieure. Alors il n'est pas étonnant que ces jeunes bercés depuis leur naissance par les mythes fondateurs d'Israël (comme celui de Samson), auxquels les professeurs
rappelent chaque jour qu'ils sont les fruits d'un peuple d'élus, se retrouvent à embrasser les valeurs xénophobes propres au fascisme !
L'occupation que fait subir Israël au peuple palestinien, qu'il ait un droit légitime ou non à la possession de cette terre et quoi qu'en disent les textes sacrés qui restent ni plus ni moins des
croyances sans preuves, sont un état de fait qui porte atteinte à l'un de nos principes fondamentaux : la liberté de circuler... Et je ne parle pas des autres droits de l'homme que Tsahal bafoue
chaque jour, car cela engendrerait sans nul doute un débat où chacun commencerait à énumérer les fautes et crimes de chaque camp. Pour se faire une idée, il est indispensable de regarder le film
du cinéaste israëlien Avi Mograbi
"Pour un seul de mes deux yeux" qui montre le quotidien des palestiniens aux abords des murs érigés par Israël, tout en faisant
le parallèle avec le mythe de Massada raconté à des groupes de jeunes israëliens... Les faits, rien que les faits, c'est éloquent !
Chaque jour, les palestiniens subissent l'humiliation. Chaque jour ils attendent des heures aux check points, voient mourir les leurs parce qu'on leur a refusé l'accès à l'hôpital, subissent les
assauts des buldozers, les balles des soldats israëliens. Les jeunes soldats, trop jeunes et trop fanatisés de Tsahal, ne saisissent pas tous les enjeux de cette occupation et ignorent la
sociologie du peuple palestinien, ignorent à vrai dire tout de ce peuple qu'il considèrent comme un vivier de terroristes alors, fiers de leur identité et de leur histoire, de la survie de leur
peuple malgré les offenses et les peines qui lui furent infligées par le passé, ils se contentent de sécuriser leur territoire, sans se soucier des conséquences sur l'avenir. Et leurs parents,
hantés par les démons du passés, blessés dans leur chair par les crimes qu'ils ont vus, se réfugient derrière leur intransigeance, leur désir de vengeance et de reconnaissance, car ils sont fiers
d'appartenir à ce peuple qui se tient toujours debout, qui a subit la shoah sans s'éteindre et a su renaître de ses cendres. Ces derniers se servent de la jeunesse des premiers pour maintenir en
vie leur idéal : celui d'une cité de Dieu sur Terre, peuplée par ceux qui ont souffert, mais qui savent aller de l'avant. Le peuple israëlien vit entièrement dans cet esprit de martyre, dans ce
débordement d'émotions suscitées par la mémoire de ce qu'il a subit avant. Il vit dans le passé et refuse de laisser sa chance à l'avenir. C'est pour cette raison qu'il souffrira encore, car qui
nie l'existence de l'autre se heurte à ses frustrations et à sa colère.
Shalom...
www.lefigaro.fr/international/20070911.FIG000000250_israel_demuni_face_a_ses_citoyens_neonazis.html
www.prioriteouverture.com
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