
Le mépris des industriels pour l’environnement et pour l’avenir de l’espèce humaine, est responsable de
véritables catastrophes humanitaires et écologiques.
Néanmoins, depuis la prise de conscience écologiste, de nombreux « sommets de la Terre » se sont déroulés, réunissant la plupart des pays du globe, afin de trouver des solutions aux problèmes de pollution, d’inégalités à l’accès aux richesses naturelles, à la préservation de la santé et de l’environnement.
LES SOMMETS DE LA TERRE…
· Le 16 juin 1976, la Conférence des Nations Unies sur l’environnement qui a lieu en Suède, donne naissance à la « Déclaration de Stockholm » qui met l’écologie au rang des préoccupations internationales et ouvre le débat entre pays industrialisés du Nord et pays pauvres du Sud (l’expression « pays en développement » est hypocrite, dans la mesure où il ne s’agit que d’un développement commercial qui exclue la population) sur les questions concernant les liens entre économie et écologie.
· En 1985, la Convention de Vienne reconnaît le caractère néfaste de certaines substances sur la couche d’ozone (l’existence d’un trou dans la couche d’ozone a été découverte la même année)
· En 1987, le Protocole de Montréal vise à éliminer l’usage des substances néfastes, comme les chlorofluorocarbures (CFC).
· En 1989 (Helsinki, Finlande), 1990 (Londres, Angleterre), 1991 (Nairobi, Kenya) et 1992 (Copenhague, Danemark), il est décidé non plus seulement la réduction des CFC, mais leur suppression totale.
· Du 3 au 14 juin 1992, le sommet « planète Terre » qui se tient à Rio de Janeiro au Brésil, adopte une déclaration établissant la responsabilité des pays dans le domaine de l’environnement, tout en créant l’idée de développement durable. Cette déclaration constitue une obligation morale pour les Etats, qui ne sont cependant soumis à aucune contrainte juridique.
· En 1997, le Protocole de Kyoto oblige les signataires à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), de protéger les « puits de carbone » (mers, fleuves, lacs et forêts qui absorbent une partie du CO2 de l’atmosphère), de promouvoir les formes d’agriculture durable, les énergies renouvelables (solaire, hydrogène, éoliennes…), de réduire les imperfections du marché, les exonérations et subventions concernant les secteurs générateurs de GES et enfin de limiter les émissions de méthane par la gestion des déchets, de la production, des transports et de la distribution de l’énergie. Sont donc instaurés des quotas d’émission de GES.
· En 2000, la Conférence de la Haye a pour objectif de fixer les règles d’application du protocole de Kyoto. On y assiste à l’affrontement de trois groupes :
- le « Groupe Umbrella » (Parapluie) groupant les Etats-Unis, le Japon, le Canada, la Russie, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, l’Islande et l’Ukraine, qui veulent instaurer un marché mondial des droits d’émission de GES et veulent comptabiliser l’action des puits de carbone dans le calcul de leurs émissions polluantes !
- l’Union européenne qui estime qu’il faut relativiser l’importance de l’action des puits de carbone et conçoit le marché des droits d’émission comme un complément aux mesures de réduction de ces mêmes émissions.
- Le G77, regroupant un ensemble de pays pauvres refusant de compromettre leur développement économique, rejetant la responsabilité sur les pays riches produisant plus de GES. Il contient également les pays directement touchés par l’élévation du niveau de la mer (due à la fonte des glaces).
En définitive, la conférence se solde par un échec, les 180 participants n’arrivant pas à se mettre d’accord sur les puits de carbone et les droits d’émissions.
· Du 16 au 27 juillet 2001, la Conférence de Bonn décide la création d’un fond de 410 millions de dollars pour aider les pays pauvres à faire face aux changements climatiques ; elle reconnaît les puits de carbone comme un facteur déterminant dans la lutte contre les émissions de GES (sous la pression du groupe Umbrella) ; elle oblige les pays ayant réduit leurs émissions de 1 tonne de GES durant la première période d’engagement du protocole, à la réduire de 1.3 tonnes supplémentaires à partir de 2013 ; enfin, elle met en place un système d’observance des règles du protocole de Kyoto, c'est-à-dire un décret d’application.
· Du 29 octobre au 9 novembre 2001, la Conférence de Marrakech établit les mécanismes juridiques permettant le contrôle de l’application des accords de Kyoto. Elle rencontre à nouveau des difficultés face aux exigences du groupe Umbrella qui demande d’assouplir ces règles. La Russie se voit augmenter ses marges d’émission de 33 millions de tonnes de carbone…
· Les conférences de New Delhi (23 oct. / 1er nov. 2002), Milan (1er au 12 déc. 2003) et Buenos Aires (6 au 14 déc. 2004) discutent de la mise en œuvre du protocole et sur le calendrier des négociations qui auront lieu après 2012.
· Du 26 août au 4 septembre 2002, le Sommet de Johannesburg a pour thème le développement durable, c'est-à-dire l’amélioration des conditions d’accès à l’eau, l’éradication de la pauvreté par la création d’un fond international, la promotion des énergies renouvelables, l’élargissement du nombre de pays signataires du protocole de Kyoto, la lutte contre le VIH/sida…
Au cours de ces multiples conférences qui aboutissent globalement sur un constat d’échec, étant donné la faible portée des mesures prises, il est notable que les pays riches les plus pollueurs,
ont tout entrepris pour anéantir les perspectives d’amélioration de notre avenir. Réunis au sein du groupe Umbrella, ce sont eux qui ont émis l’idée de faire des droits d’émission de
GES un marché, sur le modèle économique.
Ainsi, chaque pays se voyant attribuer un quota de pollution peut, s’il n’épuise pas les marges qui lui sont allouées, les vendre aux pays pollueurs qui ont besoin de ces marges pour pouvoir polluer plus !
De plus, le groupe propose d’intégrer les « puits de carbone » dans le calcul de ces droits d’émission, ce qui signifie que chaque mètre carré de forêt, de cultures ou de surface maritime, est mis à profit pour pouvoir polluer plus à côté, puisque ces puits compensent la pollution en absorbant une partie du CO2 produit par les entreprises !
Notons que les Etats-Unis se sont retirés des négociations, estimant que la réduction des rejets de GES portaient atteinte au mécanisme du marché et que le calcul
les plaçant comme plus gros pollueur était biaisé dans la mesure où il tenait compte du rejet de CO2 par habitant et non le rejet de CO2 par unité de PNB (selon eux, l’américain ne rejette que
0.77 tonne de CO2 pour 90 dollar de PNB, alors que le chinois en rejette 3.54 tonnes). Mais le président Bush résume la décision de retrait en des termes significatifs :
“American way of life is non-negotiable”
Commentaires Récents