La Brigade Anti Criminalité de jour a été créée en 1996 dans le but de lutter contre les "délits sur la voix publique" et la délinquance. Cela va sans dire qu'ils sont devenus les supplétifs de la CRS dans le but de matter la contestation par des méthodes qui n'ont plus grand chose à voir avec la police régulière et s'inspirent davantage des milices employées par certains régimes. Ils agissent en civil pour passer inaperçu et ne deviennent visibles qu'au moment d'intervenir, en apposant (théoriquement) un brassard police sur leur bras.
Je vous offre un petit voyage au pays de la BAC...
CLICHE N°1 :
Nous sommes en manif. Le long du cortège de la
CNT, jugé subversif sans doute, se promène un groupe de la BAC. Un bref coup d'oeil sur le cortège ne suffira sans doute pas à les repérer, mais en regardant de plus près, on aperçoit tout de
suite la matraque qui dépasse du blouson du n°1 ou les gants qui dépassent du blouson du n°2. N°3 et 4 sont leurs amis de la meutes, donc il n'est pas à exclure qu'ils en soient aussi.
CLICHE N°2 :
On continue la promenade. En voici deux autres,
un peu en retrait par rapport à l'autre groupe, mais eux aussi compères de la BAC. On peut facilement les repérer, tout d'abord parce qu'ils sont en mode "spectateur", mais aussi pour le n°1, les
mitaines d'intervention (Cuir naturel Vachette - Renforts phalanges et dessus de la main = 30€) et surtout le pantalon antistatique de la police (conforme au décret 2004 -102 du 30
janvier 2004 ; Coupe treillis «unisexe» - Tissu anti-statique 35% Coton 65% Polyester, déperlant eau et huile - Finition antistatique - Couleurs et passepoil conformes au décrêt en vigueur ;
Ergopad® : Ceinture matelassée pour un plus grand confort lors du port prolongé du ceinturon - Passants de ceinture double pressions pour positionner ceinturon dans les meilleures conditions ;
Poches cuisses zippées «extra plates» pour un porté plus élégant - Taille poches cuisses adaptée au carnet T.A. - Poche arrière droite zippée ; Ajustement du pantalon aux chevilles par élastique
= 50€ ) et les bottes de bidasses tout ce qu'elles ont de plus classique qui sont probablement les mêmes pour n°1 et n°2.
CLICHE N°3 :
Et voila le groupe qu'on a envie de fréquenter ! Vous remarquerez que n°2 du cliché précédent est
devenu n°4, tandis que n°1 s'est changé en n°5. Ils ne sont plus seuls. Est-ce que vous voyez maintenant les deux pantalons antistatiques de n°2 et 3, avec leurs bottes-bidasses ? Sans faire de
mauvais esprit, je tiens à dire que la mode à la BAC est souvent dans le skin head (= tête de peau)...
Mais je ne veux pas m'arrêter en si bon chemin...
CLICHE N°4 :
Jureriez-vous que ces deux là sont de la
BAC ? Je ne l'aurai pas juré non plus avant d'entendre n°1 parler dans son micro...
CLICHE N°5 :
Alors voila, on en arrive à la phase intervention... La situation semble s'être échaudée. Alors
les voitures banalisées que vous voyez derrière sont arrivées pour apporter le matériel et chacun y va de son armement. N°1 et n°2 semblent se contenter de la matraque classique
(Bâton droit en caoutchouc - Longeur 43 cm - Diamètre 28 mm - Poids 300 gr.). N°3 ne tient dans sa main qu'une recharge de
flash-ball, ce qui laisse présager qu'il ne cache pas un gros ventre sous son blouson, mais plutôt un flash-ball super pro. N°4 s'est emparé quant à lui d'un aérosol SPRAY CS 75 ML GEL 15 % classé 6ème catégorie (9,5€). N°5 semble le plus dangereux, équipé pour sa part d'un tonfa en polycarbonate (probablement modèle PR-24 STS, classé 6ème
catégorie) et d'un flash-ball super pro (4ème catégorie). Ils sont 4 à porter des gants de cuir, tandis que n°4 préfère la mitaine d'intervention. Ils ont tous
consciencieusement mis leur brassard police, ce qui est loin d'être systématique. Et n°2 préfère le port du casque...
CLICHE N°6 :
Et c'est parti ! N°1 repousse les curieux, armé d'un flash-ball super pro. N°2 (qui a laissé sa matraque sous son blouson : un sage parmi les excités ?) semble pris d'un élan de solidarité et va aider le manifestant à terre tandis qu'un autre, masqué, se propose de simplement le tirer sur le bitume. N°3 regarde la scène, perplexe, un aérosol CS dans la main. Il n'est d'ailleurs pas totalement certain que ce Brigadier porte son brassard police, me trompe-je ? Par contre, il a adopté la tenue du "jeune casseur". N°4 maîtrise la situation avec son tonfa, tandis que n°5 passe par là...
Mais le saviez-vous... La BAC peut aussi prendre l'apparence "section d'assaut"...
Admirez leur nombre :
CLICHE N°6 :
Alors voila de quoi ont l'air les forces de l'ordre... Qu'en pensez-vous ? Croyez-vous réellement qu'il y a là un facteur intéressant pour la démocratie ? La CRS n'est plus qu'un supplément d'âme pour ces cow-boys de la police qu'est la BACassable.
La description de cette brigade, là voici :
Avant, la BAC s¹appelait BSN, elle ne travaillait que la nuit. Mais il a fallut s'adapter, la délinquance se commet de plus en plus au grand jour, l'après-midi.
En 1994, la brigade anti-criminalité de nuit a été créée pour lutter plus efficacement contre la délinquance. De 22h30 à 6h30 du matin, deux cents policiers en tenue opèrent dans la capitale. Ils peuvent être regroupés très rapidement pour faire face aux situations troublant l'ordre public.
Parallèlement, depuis avril 1996, des brigades anti-criminalité de jour luttent contre les délits de voie publique dans les zones les plus sensibles. Les interventions des cent cinquante-six policiers en tenue qui y sont affectés, s'inscrivent en complément de celles menées par les commissariats. En fonction des événements, chacune des brigades s'organise en patrouilles légères ou en unité constituée.
Le cycle et les horaires de travail sont adaptés aux évolutions de la délinquance, analysées quotidiennement à l'aide de la cartographie informatisée.
Pour intégrer les Brigades anti-criminalité, il faut évidemment réussir le concours de gardien de la paix, il faut être de nationalité française, avoir entre 17 et 28 ans, un casier judiciaire vierge, une taille minimum de 1.60 m.
Les hommes de la Bac reçoivent une formation continue. Les policiers sont tous volontaires, et passent des tests psychologiques. Ils doivent avoir une bonne connaissance policière et être très pointus en procédure.
Au bout d'un minimum de 2 ans d'ancienneté, on postule et la sélection se déroule sur entretiens et épreuves physiques sur certains départements.
Les policiers restent à la brigade anti-criminalité au maximum six ans, après ils intègrent le SIR (Service d'investigation et de recherche) ou prennent du grade dans les bureaux.
Si vous êtes activiste, prenez garde à ces nouvelles pratiques qui se développent dans la police. Plus dangereuse que les RG, la BAC peut réellement se fondre dans la masse pour vous y soustraire si elle vous soupçonne d'être un "délinquant".
Pour ma part, ma dernière confrontation avec les cow-boys n'est pas si vieille et je peux vous garantir que ce genre d'expérience est loin d'être agréable. Après une manif, une de leur voiture avec 5 des leurs à l'intérieur m'a rattrapé dans une ruelle. Ils m'ont plaqué contre le mur en me menaçant de leur flash-ball (est-ce normal de pointer cette arme sur quelqu'un à bout portant ?), puis je me suis notamment fait insulter de "connard", et s'ils ne m'ont pas frappé, ils ont pourtant oublié la procédure élémentaire : ils n'ont même pas regardé mon identité !! De toute façon, mon seul tort avait été de filmer... ils ont écrabouillé ma cassette...
C'est aussi ça leur démocratie... c'est de mauvais augure pour la liberté de la presse...
Bon courage pour les temps à venir !
Equipement de la police, voir : dissidence.over-blog.org/article-10357955.html
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