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"L'humanité est devenue assez étrangère à elle-même pour réussir à vivre sa propre destruction comme une jouissance esthétique de premier ordre", Walter Benjamin dans "Essais"
Dimanche 13 mai 2007

CAS DE FIGURE n° 1 : la prise en tenaille

tenaille.jpg

La manifestation ou un groupe de manifestants est pris en tenaille par une série de voitures de police. Une voiture de CRS est arrivée par devant (ou a perçé la foule) et une voiture de CRS est venue coincer le groupe par derrière, accompagnée éventuellement par une voiture de la BAC. Il est bon de savoir que dans ce genre de situation, même s'ils déboulent de leur voiture armés de lacrymos ou de matraques, les CRS devront garder une position autour de leur voiture et n'auront pas liberté pour vous courrir après. Il y aura une période de latence juste après qu'ils aient arrêté leur voiture et qu'ils se soient positionnés sur la chaussée. C'est à ce moment précis que l'ensemble des manifestants doit contourner de part et d'autre la voiture de CRS, au risque de prendre un jet de gaz ou même un coup au passage (la raison pour laquelle se rapprocher le plus possible du mur est utile), pour reformer le groupe juste après. Et cela sans éparpillement dans les rues adjacentes, sinon ça finit en "massacre". Si la configuration est dans le sens inverse, ne pas hésiter à revenir en arrière, le but étant de percer là où sont les CRS les plus récemment arrivés et où il n'y a pas de BAC (ils ont toute liberté de vous courrir après immédiatement sortis de leur voiture).

 

CAS DE FIGURE n°2 : l'encerclement

encerclement.jpg

Les manifestants sont encerclés entre deux rangs de CRS. A savoir qu'au moment où les CRS sont en position, un ordre spontanné de la part de leur chef peut les envoyer à la charge des manifestants. A noter qu'il n'y a dans ce cas de figure aucune issue de fuite, le groupe est totalement coincé. En sachant que les pratiques des CRS sont motivés par une déontologie différente de celle des BAC, il faut qu'il y ait une quelconque agressivité de la part des manifestants pour que la charge soit lancée. Il n'est cependant pas exclus l'usage de lacrymogènes. Sachant qu'il n'y a aucune issue, la seule solution pour éviter le "massacre" est de rester strictement unis et de s'asseoir tous à terre. Les lacrymogènes peuvent causer toutes sortes de réactions, mais ne seront en rien plus graves que les coups de matraques. Si il y a sit-in, les CRS seront dans l'incapacité de réagir avec violence. Il est évident dans ce cas que contrôles d'identité il y aura et éventuelles arrestations du même coup, mais dans la mesure ou aucune autre issue n'est possible, montrer le moins d'agressivité possible ne peut que réduire la sévérité des sanctions.

 

CAS DE FIGURE n°3 : rang en approche

--vitement.jpg

Deux groupes de CRS approchent par devant et derrière, s'apprêtant à prendre les manifestants en tenaille. Il n'y a pas de charge, mais une avancée plus ou moins rapide. Sur le côté, une rue est libre. Avant que les CRS n'aient reçu l'ordre de charger, un temps de latence permet de s'échapper par une rue perpendiculaire. Le groupe doit rester uni et courrir d'un seul tenant dans la même direction. La dispersion laisse sur le carreau des personnes ou de petits groupes isolés qui seront pris à parti par la police, elle ne doit pas avoir lieu !

 

CAS DE FIGURE n°4 : véhicule de front

fourgonnette.jpg

Le groupe se trouve face à une camionnette de CRS ou un véhicule de police. Il n'y a aucune raison d'avoir peur dans ce cas de figure, même si les véhicules sont remplis de policiers. La meilleure chose à faire reste de continuer la marche à pas rapides et de contourner les forces de l'ordre. La réaction la plus probable de la police dans le cas où les manifestants ne manifestent aucune crainte et continuent d'avancer, sera de se replier ou de rester sur place. Dans les deux situations, le groupe doit garder une cohésion et continuer sa marche.

 

Il est indispensable de ne jamais fuir immédiatement à l'approche des forces de police. Il est important de s'entendre rapidement sur une démarche commune : la fuite (TOUJOURS GROUPEE) ou la poursuite de la marche (TOUJOURS COORDONNEE). Si il n'existe aucune issue, adopter une attitude entièrement pacifiste, s'asseoir à terre et ne donner à la police aucune excuse pour se servir de la force.

 

Si dispersion il y a, prévoir régulièrement au cours de la manif un point de ralliement à rejoindre dans un laps de temps le plus court possible, pour ne pas risquer de laisser des manifestants isolés trop longtemps.

Il est également indispensable d'avoir toujours un référent dans la foule, une personne susceptible de constater votre absence et de la signaler. En tous les cas, lorsqu'il y a arrestation, demander à la personne de crier son nom et le faire spontanément lorsqu'on fait soit-même l'objet d'une arrestation.

 

 

 

 

 

par Crixus Nada publié dans : Méthodologie d'activisme
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