Là encore, débat qui oppose souvent les activistes : peut-on prendre des images au cours des manifestations ?
Celui qui en marge des manifestations se prend à capter des images de la foule est bien souvent pris à parti par les activistes qui ne désirent pas être montrés par crainte de représailles ? On
lui dira que "la police utilise ces images" et que "ce n'est pas un spectacle".
Cette crainte est-elle légitime ?
On n'est évidemment jamais à l'abri des infiltrations policières ou des confiscations de matériel par les forces de police en présence. Mais à ce titre on peut rétorquer que les activistes
eux-mêmes ne sont pas à l'abri des mêmes risques. Dés l'instant où l'on participe activement à une manifestation non autorisée ou non officielle, on se met dans une situation de risque qui n'est
pas moindre en comparaison du risque que représente la prise d'image en marge ou au sein de la manifestation. Il faut même aller plus loin en disant que celui qui participe à ce genre de
manifestation avec la crainte d'être interpellé devrait être en accord avec ses angoisses et se vêtir de façon à ne pas être reconnaissable. L'inconscient n'est pas celui qui témoigne de
l'action, mais celui qui y participe sans prendre ses précautions !
Le travail du preneur d'image doit être considéré pour ce qu'il est : une autre forme d'activisme. Le fait de garder des traces des événements est une manière de donner un écho au combat mené, de
façon à ce que chacun à travers le monde puisse être informé des luttes qui se jouent ailleurs. On ne peut pas faire obstruction à l'information sans faire obstruction à la lutte elle-même, car
la contestation a besoin de se constituer en réseau pour ne pas rester marginale. La prise d'image participe à l'éducation populaire et militante, elle permet d'analyser les mouvements sociaux et
d'améliorer les méthodes d'action en fonction des erreurs tactiques constatées à travers les images.
Autre point essentiel que les activistes mécontents négligent souvent : la prise d'image est souvent une preuve indispensable en cas de bavure des forces de l'ordre, en cas de jugement
d'activistes, pour inculper les forces de l'ordre pour les abus commis ou disculper l'accusé des charges portées contre lui.
Je profite de cet article pour adresser aux activistes ce message : quiconque se place dans une situation de dissidence par rapport à un pouvoir établi prend des risques qu'il ne doit pas
négliger et se doit de prendre ses propres précautions pour ne jamais être mis en difficulté dans son activisme. La contestation n'est effectivement pas un spectacle, alors il est important de ne
pas y participer en touriste, sans avoir prévu au préalable le matériel nécessaire au bon fonctionnement de sa lutte.
La méfiance envers les médias ne doit pas virer à l'obscurantisme et compromettre le progrès d'une lutte globale contre le système qui nous oppresse.
Voila ici un site qui donne preuve de l'importance de la prise d'images dans les luttes :
www.indymedia.org/fr/
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